Finance Solidaire
Les nouvelles frontières du financement des associations en France
En France, le financement des associations est assuré par les recettes d’activité (49%), les subventions (34%), les cotisations (12%) et les dons (5%) (source : CNRS/Matisse).
Mais derrière les moyennes se cachent des situations très diverses : les dons représentent 4% du budget de la Croix-Rouge mais 49% au Secours Catholique.
Compte tenu des contraintes qui pèsent sur les finances publiques, on imagine de bonne gestion de commencer à diversifier les ressources provenant de l’Etat et des collectivités.
Certaines associations ont déjà anticipé ce mouvement et maîtrisent les financements dits solidaires : fonds de partage, foncières, titres solidaires.
Prenons l’exemple de l’épargne salariale solidaire. C’est un marché qui représente 8% du marché ISR total français où Axylia Conseil intervient tant pour les gestionnaires financiers que les associations en quête de stratégie solidaire.
Cette forme d’épargne est née, comme souvent en France, de la loi il y a juste dix ans (loi du 19/02/2001). Elle a créé les fonds d’épargne salariale solidaire (FCPES). Classiques dans leur fonctionnement par ailleurs, ils comportent de 5 à 10% de titres émis par des entreprises dites solidaires. Le statut d’entreprise solidaire est là encore défini par la loi à partir de critères de gouvernance et non strictement d’activité. Cette largesse permet à un large champ d’associations d’être éligibles.
Les titres émis par ces entreprises solidaires sont des titres de dette ou de propriété (émis alors par des structures capitalistes créées par elles-mêmes : foncières, SAS).

Trois associations se taillent la part du lion : ADIE, France Active, Habitat et Humanisme.
L’apport des produits financiers solidaires est loin d’être négligeable. Pour Habitat et Humanisme, cela a représenté plus de 20% du total des ressources en 2009.
Au fil des années, sous l’impulsion de leurs gestionnaires, une bonne part de ces FCPES sont devenus aussi socialement responsables (ISR). Un vrai succès puisque le taux de pénétration de l’ISR dans l’épargne salariale atteint déjà 17%, dix fois plus que dans la gestion collective dans son ensemble et a doublé en 2010 !
Le succès est tel que de nouveaux émetteurs solidaires vont apparaître qui satisferont du même coup les appétits de diversification des gestionnaires et des salariés.
Axylia Conseil assiste ainsi actuellement l’association France Initiative, leader français du prêt d’honneur à taux zéro avec près de 120 millions d’euros de prêts octroyés en 2010 auprès de 17 861 entrepreneurs avec 37 134 emplois créés ou maintenus, dans sa stratégie de partenariat solidaire avec les Grandes Entreprises, les Salariés et les Gestionnaires de fonds d’épargne salariale.
Bref, une fois de plus la nature a horreur du vide. Il y a une forme de cercle vertueux qui voit l’Etat avoir voté une loi qui assure (en partie) une succession à son propre désengagement. Quand l’Etat sait être prévoyant …
Achevé de rédiger le 14 Juin 2011
Article paru sur et
* Le chiffre d’affaires consolidé des seules entreprises d’insertion est de 378 millions d’euros
mercredi 20 juillet 2011
Source : Axylia Conseil à partir des chiffres de l’AFG